Faire les foins, ça à toujours été tout un foin alors imaginez pour une première fois et en traction animale ! Histoire de corser un peu le tout, le champ est à un peu plus de 3 km de la grange et bien sûr en haut de la côte.

Mais pourquoi ces difficultés supplémentaires ? Simplement parce que notre projet est en démarrage et que pour nourrir les quatre chevaux (deux chevaux de trait, un demi-trait et un cheval de monte) il faut BEAUCOUP, BEAUCOUP de foin. Souhaitant être le plus autonome possible, nous avons accepté l’aimable proposition d’un ami et presque voisin. Presque, en voiture, une autre paire de manche à cheval.

La fenêtre météo de mai a été exceptionnelle, ce qui a permis de faucher puis engranger le foin en 7 jours. Pour cette première passe, nous avons fauché un peu moins de  7 000 m² soit 5 charretées remplies.

Pour commencer, il faut faucher

Nous avons récupéré une vieille faucheuse Mac Cormick des années 50'. Il manquait quelques pièces et les rouages étaient bien rouillés mais avec un peu de graisse et beaucoup d’huile de coude elle est repartie. Les chevaux sont attelés en paire, la machine bien graissée, on se lance dans la fauche du champ.

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Et là catastrophe ! Le timon (la pièce de bois centrale qui permet aux chevaux de tirer) se fend dans les demi-tours. Direction le garage agricole, qui amusé, nous remet la bécane en marche. Nous sommes mercredi soir, la fauche débute pour de vrai.  La parcelle est fauchée sur deux jours : d’abord 1500 m² pour s’échauffer puis 5500 m².

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Faner un jour, faner toujours

Dès le lendemain débute la seconde étape : le fanage. Cette fois, un seul cheval suffit. C’est Rally, le demi-trait qui s’y colle. La faneuse entre en action. Les cuillères tournent et lancent le foin en l’air ce qui permet de l’aérer et d’accélérer le séchage.

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On fane tous les jours et idéalement 2 fois par jour. La météo étant vraiment favorable, nous avons fanés seulement pendant 3 jours.

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L’andainage, dernière étape avant le ramassage

Une dernière machine entre en action, tirée par Cally. L’andaineuse réunie le foin, en un long tas appelé l’andain, qui sera ensuite plus facile à récolter.

Andaineuse en action

L’andainage permet aussi de protéger le foin d’une éventuelle averse avant le ramassage qui a lieu le lendemain matin.

Les beaux andains

Faire une belle charretée, tout un art

Maintenant c’est aux humains de travailler (les chevaux ne chôment pas non plus). Le foin est ramassé, andain par andain et chargé dans la charrette. Pour optimiser le chargement, nous essayons différentes techniques : plus de fourcheurs, faire des tas, utiliser des tasseurs « lourds »…

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Après quelques tâtonnements nous avons fini par trouver la bonne technique : 2 fourcheurs en bas, 2 tasseurs en haut et ça suffit. Merci tout de même à tous les bras qui sont venus expérimenter avec nous. Au fur et à mesure, l’assurance vient et le tas grossit.

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Nous avons ramassé 5 charrettes de foin  plus ou moins bien tassées, pour l’ensemble de la fauche soit 5 allers-retours sur 4 jours (3,3 km par trajet).

Reste une dernière étape et pas des moindres : faire la route jusqu’à la grange et décharger le foin. Pour épargner les chevaux, nous les avons attelés en ligne : l’un est le moteur, le second est le turbo qui vient en soutient.

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Cet attelage plutôt atypique emprunte la route du Mont des Avaloirs, entre tracteurs et touristes, mi-étonnés, mi-amusés. Les trajets passent et notre appréhension décroit.

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C’est presque finit, il ne reste plus qu’à décharger tout ça dans le grenier. C’est sans doute la pire étape de l’histoire. Elle n’est pas difficile, mais qu’est-ce-que ça gratte !

Le foin est rangé le mardi soir. Tout le monde s’accorde un repos bien mérité en écoutant l’orage tomber lendemain. Timing parfait.

Il nous reste encore un peu plus d’un hectare à faucher dès que la météo le permettra. Mais ça c’est déjà une autre histoire.