Débardage. n.f : Transport des bois après abattage et façonnage depuis le lieu où ils ont été abattus jusqu’en bordure d’une voie carrossable.

❓ Le saviez-vous ?

Le débardage est à l’origine une activité portuaire. Il s’agit de l’action de déchargement de navire de charges lourdes par des débardeurs, ou fort à bras. Par extension, le débardage s’étend à la foresterie : c’est l’opération de transport des bois après la coupe jusqu’aux voies de transports terrestres ou fluviales.

⏳ À bout de bras

La première force de débardage est certainement la force humaine. L’abatage d’arbre de grandes dimensions et donc le besoin de débarder apparaît lors de sédentarisation des populations à partir du Néolithique.

Les bois de grandes dimensions étaient utilisés principalement pour la construction d’habitat ou la fabrication de pirogue. Afin de faciliter la traction de la grume, des chemins de rondins pouvaient être utilisés pour former une sorte de traîneau.

🐾 Et de pattes

À la fin du Néolithique, l’emploi des animaux pour la traction commence à apparaître comme en témoignent les gravures et restes archéologiques.

Relevé d’une gravure de travois tracté par des boeufs.
Vallée des Merveilles (Monte Bego)
D’après Humley 1995

Les animaux de travail par excellence sont les bœufs. Attelés en paire participent aux travaux des champs. Un travois en bois (sorte de traîneau reposant en partie au sol) conservé dans les vases humides du lac de Châlain (Jura Suisse) atteste de la traction de charge.

Découverte du travoi de Châlain

Les chevaux, domestiqués plus tardivement seront longtemps réservés à une élite plutôt qu’au travail.

Progressivement les équidés remplaceront les bœufs. Ainsi dans l’Égypte antique, c’est l’âne qui est privilégié, mais plutôt comme bête de somme (portage). Moins puissant qu’un cheval, il est néanmoins endurant et adapté au climat aride du pays.

Dans le Moyen-âge européen, le cheval côtoie les bœufs. Divers engins à roues sont utilisés pour faciliter la traction des lourdes charges comme le trinqueballe qui peut selon la taille de la grume être manœuvré manuellement ou en traction animale. Un cheval seul peut tracter près de 200 kg.

Débuscage à l’Étinbulle avec Urbain, trait du Nord

L’arrivée du tracteur et des engins spécialisés réduit considérablement l’emploi des animaux pour débarder. Cependant, dans les espaces naturels sensibles ou les terrains escarpés les chevaux sont encore utilisés pour le débardage forestier. Ils sont moins lourds et donc abîment moins les sols, de plus ils peuvent manœuvrer facilement dans des espaces exigus. Qui plus est l’impact écologique et économique est bien moindre. Pour ces raisons, certaines collectivités le remettent actuellement au goût du jour.